Kanchenjunga

 

Dis Zig ! C'est quoi cette montagne qui trône comme ça en haut de cet article ? 

Une montagne sacrée, te connaissant, mais dis-nous en plus ! Ah, quel curieux tu fais, cher lecteur. Il sagit, tu l’auras très certainement reconnu, du Panchenjunga, le point culminant de l'Inde. Pour nos amis linguistes et sanscrisants, son nom s'ignifie en sanskrit 'les cinq trésors des neiges'  et il est également surnommé 'la montagne à laquelle on offre des remerciements'. Aleister Crowley, le célèbre ‘mage’ britannique, surnommé en son temps 'l'homme le plus pervers du monde', eh oui, en tenta l'ascension dans sa jeunesse où il était fervent d’alpinisme, en vain.

On doit la peinture de cette montagne à un personnage haut en couleurs, un dénommé Nicolas Roerich, ocultiste, explorateur de l’Asie centrale, du Tibet aux monts Altaï, et peintre russe, confondateur de l'Agni Yoga Society, d'inspiration théosophique, nominé au prix nobel de la paix en 1929, créateur de la 'Pax Cultura', véritable 'croix rouge' de l'art et de la culture, qui aboutira en 1954 à la convention de La Haye sur la protection des biens culturels en cas de conflits armés. A Oulan-Bator, anciennement Ourga, un petit musée qui lui est consacré vient d'ouvrir dans la maison où il séjourna un hiver. 

Howard Phillips Lovecraft, le grand maître du fantastique, créateur genial de Chtulhu, Nyarlathotep ou encore Shub-Niggurath mentionne les peintures de Nicolas Roerich dans son roman Les montagnes hallucinées. Vous pouvez admirer l’ensemble de ses peintures – dans un style très symboliste et coloré – sur le site www.roerich.org depuis ses oeuvres primitivistes imprégnées de l’art russe jusqu’à ses evocations bouddhisantes faisant référence aux prophéties du Kalachakra et à l'arrivée prochaine du bouddha du futut, Maitreya - ou Milefo chez nos amis chinois. 

Nicolas Roerich, a organisé plusieurs expéditions en compagnie de son épouse et de son fils à travers le Turkestan chinois, la steppe de la Djoungarie, l'Altaï, la Mongolie, le désert de Gobi et le Tibet, à la recherche de Shambalah, le mythique royaume introuvable. Il fallait bien une montagne magique, à la manière du mont Analogue de René Daumal ( roman initiatique inachevé – par la mort de l’auteur - sur l’ascension d’un mont allégorique) pour débuter le Blogazig et symboliser ces chaînes de montagnes qui peuplent l’imaginaire des asiatiques – les monts Kunlun, les hymalayas, les monts célestes, les monts Altaï, le Karakorum et invitent au voyage dans les pas de Nicolas Roerich, Alexandra David-Néel, Emma Mallart…

Zig.

 

N_Roerich

Nicolas Roerich, un bel illuminé.
M'étonne qu'il fréquentait les alentours de la colombie russe.