altai

 

Dis, Zig ! Mais quel est cet étrange blason en tête de l'article  ?

Ah oui, ce griffon surmonté d'une montagne à trois pics, sais-tu que ce blason nous vient de la Sibérie du sud, plus exactement de la petite république de l’Altaï, appartenant à la fédération de Russie ? 

Tu ne savais pas ? Aie aie aie, il faut donc tout t'apprendre, lecteur. Eh bien oui, petit territoire de 92 903 km2, la république correspond à la zone géographique du haut Altaï et abrite le majestueux mont Béloukha, point culminant de la chaîne des monts dorés (qui est la signification étymologique des Altaï). Woaw, avec le blogazig, qu’est-ce qu’on développe ses connaissances géographiques ! Mais ce n'est pas tout, la république abrite l'un des plus beaux exemples de végétation d'altitude de la Sibérie : steppe, taïga, forêt mixte, végétation subalpine, végétation alpine (petite précision pour nos amis botanistes, et ils plus sont nombreux qu'on ne le pense). Son emplacement à l’écart de grands foyers de population et aux centre du continent eurasiatique en fait un lieu particulièrement préservé, voire oublié, que nous avons élu comme terre d’adoption. 

Si certains navires ayant des cargaisons à se reprocher naviguent sous le pavillon du Panama, le blogazig a choisi la république de l’Altaï pour y abriter sa pensée - qu'il n'a pas cependant à se reprocher. Quoi de plus inspirant que les neiges du Béloukha et le souvenir de l’or des Scythes pour deviser allègrement en votre compagnie ? La république d’Altaï est frontalière avec la république de Tuva, terre du chamanisme (interdit en 1931) et du cannabis qui y est devenu une monnaie d’échange à la suite de la désindustrialisation de la région dans les années 1990, ce qui lui donne le sympathique surnom de ‘Colombie russe’. Mais que fait Vladimir ? Les estimations concernant la superficie des champs de cannabis sont très vagues et vont de 26 000 à 84 000 hectares - information obtenues avec l'aide chaleureuse de la communauté ouighoure de Shanghai que je remercie.

La région est également célèbre pour ses chants traditionnels diphoniques - car produisant à l'aide d'une seule voix deux notes de fréquences différentes - appelés « chants de gorge » . Vous avez certainement déjà entendu ces chants incomparables par leur aspect métallique. Si ce n'est pas le cas, la prochaine fois que vous me voyez, demandez-moi de vous en faire une petite représentation. En tout cas, l'Altaï est un paradis pour nos amis ethnomusicologues. Je vous recommande cette page internet - réalisée par un laboratoire du CNRS - pour tout savoir sur le chant diphonique : 

http://www.crem-cnrs.fr/realisations_multimedia/animations/diphonique/hai1.html

Pour nos amis historiens, les Scythes – population nomade d’origine iranienne, donc indo-européenne - ont occupé entre le huitième et le troisième siècle avant Jésus-Christ la région, y laissant plusieurs milliers de tombes regroupées en tumulus. Les scépultures sont aujourd’hui conservés en partie au musée de l’Ermitage de Saint-Petersbourg. Elles ont livré des momies (les célèbres momies de l’Altaï, tout aussi coquettes que leurs lointaines tantes égyptiennes) et des objets qui font l’objet de revendications identitaires de la part des Altaïens car ceux-cis s’estiment dépossédés de leur propre patrimoine, après avoir été entièrement dépossédés de leurs traditions et de leur spiritualité par l’Union soviétique. 

J’arrête ici. Je pourrais ajouter pour nos amis géographes qu’on y trouve également un quasi quadripoint, c’est à dire un point de jonction entre quatre pays – Russie, Chine, Mongolie et Kazakhstan, mais les justifications suffisent à présent. 

Il est clair à présent, cher lecteur, que seul le pavillon Altaïen pouvait être l'étendar sous lequel nous nous sentions investis de l'autorité de naviguer. Nous nous sentons de la trempe des Altaïens - déracinés en quelques sortes mais recherchant sous les trois pointes resplendissantes du mont sacré Béloukha nos secrètes origines. Nous y reviendrons.

Maintenant que nous avons brandi notre étandard, nous t'invitons, très cher estimé lecteur, à t'y abriter pareillement et à rejoindre la fraterie alataïenne.

Zig.